LIFTING DE CUISSES

création le : 21/09/2005    mise à jour : 20/05/2008

Définitions et principes

Lorsque la peau de la face interne des cuisses a perdu son élasticité, il peut être envisagé un lifting de face interne de cuisse encore appelé : « lifting crural ».

L’intervention est indiquée en présence d’un excès cutané net dû à l’âge, à une perte de poids importante ou encore pour la correction réparatrice de certaines liposuccions de la face interne des cuisses.

Ce geste sera, de préférence, réalisé après un amaigrissement : inutile de retendre chirurgicalement la peau si par un régime dans les suites on recrée de l’excès de peau.

L’intervention consiste à retirer l’excès de peau dû au relâchement de la face interne des cuisses associé ou non à un excès graisseux au moyen

  • d’une cicatrice placée dans le string : c’est le lifting concentrique de face interne de cuisse indiqué en cas d’excès modéré puisque n’agit que sur la partie haute de la cuisse.
  • d’une cicatrice verticale sur toute la hauteur de la face interne de cuisse : cette technique est efficace sur toute la longueur de la cuisse mais la cicatrice est visible. Elle est donc avant tout indiquée après les pertes de poids massives ayant entraîné un excès de peau très important.

Le lifting de face interne de cuisse est une intervention très demandée par les patientes mais finalement limitée par ses indications, la rançon cicatricielle étant souvent dissuasive lorsque seule une cicatrice verticale est adaptée.

Les deux techniques de lifting de face interne de cuisse:

Le chirurgien commence l’intervention par une liposuccion qui permet si nécessaire le dégraissage, mais aussi un pseudo décollement des tissus sans lésions lymphatiques. Ensuite, il réalise le lifting de cuisse.

Deux principes sont respectés quelle que soit la technique :

  • le respect des gros troncs lymphatiques pour éviter les épanchements lymphatiques secondaires
  • la fermeture de tous les espaces morts par capitonnage pour limiter les hématomes, et la tension sur les cicatrices, source de souffrances cutanées et de relâchement.

La technique de lifting de cuisse concentrique

liftin des cuisses concentrique
lifting des cuisses concentrique

Les incisions s’insèrent dans les plis inguinaux de chaque côté du pubis, elles longent ensuite le périnée et se terminent vers la pointe du sacrum. Elles ne vont donc pas en zone visible sur les fesses. La peau en excès est retirée, et les tissus sont ramenés concentriquement vers le pli inguinal, puis ils sont fixés au tendon situé en haut de la face interne de cuisse de façon à éviter que la cicatrice ne redescende secondairement dans la cuisse.

La technique de lifting de cuisse verticale

lifting des cuisses vertical
lifting des cuisses vertical - longue cicatrice

Aux incisions le long du périnée du lifting concentrique, s’ajoutent des incisions verticales qui descendent jusqu’aux genoux. La peau en excès est retirée, et les tissus sont ramenés concentriquement vers le pli inguinal pour la partie haute et horizontalement vers la couture interne pour la partie moyenne et basse.

Intervention

Recommandations pratiques avant l’intervention

N’arrivez pas fatigué(e), moralement et physiquement à l’intervention. Informez-nous de toute modification de votre état de santé, ou de votre état psychologique, et n’oubliez pas qu’il n’y a jamais d’urgence à pratiquer un acte esthétique. Il faudra impérativement surseoir à l’intervention si vous êtes malade, ou pour les femmes, si vous êtes enceinte le jour de l’intervention.

L’arrêt du tabac est impératif en raison des risques de nécrose. Les médicaments qui font saigner sont proscrits dans les jours qui précèdent l’intervention : Aspirine, Anti-inflammatoires, Anticoagulants, Vitamine E … Il faudra également arrêter tout traitements progestatif (pilule) un mois avant et un mois après l’intervention pour limiter le risque embolique et l’inflammation cicatricielle.

Il est impératif d’être à jeun (c’est-à-dire ni boire, ni manger) 6 heures avant l’intervention.

Le non-respect des consignes préopératoires (bilan, jeune et arrêt du tabac) entraînera l’annulation de l’intervention.

Lorsque vous préparerez vos effets personnels, N’OUBLIEZ PAS VOTRE DOSSIER MÉDICAL et LA CONTENTION PRESCRITE (bas anti thrombose).

N’emmenez, si possible, aucun bijou précieux (ou mettez-le au coffre de la clinique avec vos valeurs pendant l’opération).

Prévoyez de prendre une douche ou un bain avant de vous rendre à la clinique, d’avoir les cheveux propres et pour les dames de ne porter bien sûr, ni vernis à ongle ni maquillage. Ne vous rasez surtout pas le pubis avant de venir (risque de germes s’il y a des micro-coupures donc risque d’infection pendant l’opération).

Si vous portez des lentilles de contact, un appareil dentaire, ou des prothèses auditives, il faudra impérativement les enlever avant l’anesthésie.

Anesthésie et hospitalisation

L’intervention se déroule en clinique. Elle peut être réalisée :

- soit en ambulatoire sous anesthésie locale assistée (NLA) pour la technique concentrique plus légère. La durée de l’intervention est alors d’environ 1 heure.

- soit avec une hospitalisation de 1 à 2 jours et une anesthésie générale pour la technique verticale. La durée de l’intervention est alors de 1h30 à 2 heures.

La sortie

Si l’intervention est réalisée en ambulatoire (technique concentrique)

Vous repartirez en principe quelques heures après l’intervention. Toutefois, dans certains cas (nausée, stress…), il peut être préférable de rester hospitalisé(e) une nuit. Demandez à une personne VALIDE ET RESPONSABLE de vous accompagner. Les produits anesthésiants étant euphorisants, ne prévoyez aucun acte nécessitant de la concentration, ou l’utilisation d’appareils potentiellement dangereux. Si vous repartez en voiture, VOUS NE POURREZ EN AUCUN CAS CONDUIRE.

Il faut prévoir la présence d’un proche à la maison. En effet, vous ne devrez pas vous lever, pendant la nuit qui suit l’intervention, sans être accompagné(e), même pour aller aux toilettes et même si vous vous sentez parfaitement bien (les produits d’anesthésie peuvent produire des effets identiques à l’abus d’alcool).

Avant de quitter la maison, assurez-vous d’avoir tout prévu pour votre retour :
- Prévoyez un repas léger.
- Sur la table de nuit, Arnica 5CH, comprimés anti-douleurs à base de paracétamol (Dafalgan, Doliprane …), une bouteille d’eau minérale.

Si l’intervention est réalisée avec une hospitalisation (technique verticale)

Prévoyez pour votre sortie une tenue confortable et facile à enfiler. Vous pourrez quitter la clinique en principe le lendemain de l’intervention.

Les suites

Il faut noter qu’en raison de la traction sur la cicatrice, la position assise sera pénible dans les suites et devra être évitée pendant 15 jours à 1 mois. Il faudra également éviter tous les mouvements brusques d’étirement sur la cicatrice.

A la maison les premiers jours, il faudra vous reposer au maximum et éviter tout effort violent. Cependant, il faut marcher un peu, plusieurs fois par jour, pour prévenir le risque embolique et manger suffisamment pour permettre la cicatrisation.

Il est fondamental de ne pas fumer pendant 15 jours pour faciliter la cicatrisation et diminuer les risques de nécrose

Inscrivez à la maison près du téléphone et dans votre portable, les coordonnées du cabinet 01 45 53 27 17 et de la clinique. N’hésitez pas à nous joindre si vous êtes inquiet(e). Par exemple avertissez-nous en cas de fièvre, suintement, douleur ou tout autre symptôme qui vous inquiète.

Arrêt d’activité à prévoir une à trois semaines en fonction de votre activité professionnelle.
Les Bas antithrombose 8 jours
Les fils seront résorbables
Les bleus persistent en principe 15 à 20 jours
Le gonflement est maximum au 3/4 ème jour post op. puis s’estompe progressivement.
Les cicatrices demandent 6 à 9 mois pour blanchir
Gymnastique Il faudra attendre au minimum 6 semaines après l’intervention pour reprendre une activité sportive qui nécessite des mouvements de jambe sur le côté et donc tire sur les cicatrices.

Les risques

Dans la plupart des cas, les interventions se passent bien et les patients sont satisfaits du résultat. Pour autant, avant de vous décider, vous devez quand même connaître les risques et les complications envisageables.

Les risques généraux inhérents à toute intervention chirurgicale : infection, hématome, trouble de la cicatrisation et risque anesthésique

L’infection

Le risque infectieux peut être favorisé par la proximité des orifices naturels en cas d’infection urogénitale. Il vous sera donc demandé de consulter en préopératoire un spécialiste pour les détecter. Il est aussi très important dans les suites de conserver les cicatrices propres et de respecter les prescriptions d’antiseptiques et d’antibiotiques. En cas d’infection, un drainage chirurgical peut s’avérer nécessaire

L’hématome

Il est une complication assez rare mais nécessitant une évacuation rapide. Il survient le plus souvent dans les heures qui suivent l’intervention. Ce risque est considérablement augmenté par la prise de médicament qui favorise le saignement en pré et post opératoire.

Les problèmes de cicatrisation

Dans toute opération de chirurgie plastique, la qualité de la cicatrisation est inconnue. Dans les suites immédiates, la cicatrice peut s’enflammer ou suinter ce qui va nécessiter des traitements locaux spécifiques et souvent longs. Le respect des consignes de soins de propreté, d’arrêt de la cigarette et des rendez-vous de contrôle sera tout à fait déterminant.

A moyen terme, la cicatrice peut dans certains cas mal évoluer : s’épaissir, s’élargir, faire une chéloïde. cela dépend avant tout du type de peau (sur une peau rousse ou noire les problèmes augmentent) et de l’hygiène de vie (cigarette et pilule augmentent ce risque).

Le risque anesthésique

Les techniques d’anesthésie et les méthodes de surveillance ont fait d’immenses progrès et la sécurité est optimale lorsque l’intervention se déroule en dehors de l’urgence, chez une personne en bonne santé, que l’anesthésiste est une personne compétente exerçant dans un établissement agréé. Cependant le l’anesthésie peut induire dans l’organisme des réactions plus ou moins imprévisibles et faciles à maîtriser, il existe donc des risques et aléas per et post-opératoires. C’est pourquoi il sera indispensable de consulter l’anesthésiste préalablement à l’intervention et de l’informer scrupuleusement sur votre santé. L’anesthésiste évaluera les risques anesthésiques et les précautions particulières éventuelles et vous en informera. S’il récuse l’intervention, son avis est décisionnaire.

(voir dans le menu "informations générales" au sous-menu "avant l'intervention" la section "bilan et consultation d’anesthésie")

Les risques existants pour toute intervention à visée esthétique : asymétrie, résultat jugé insuffisant ou excessif et nécessité de retouche(s) troubles de la sensibilité

La réaction des tissus à une intervention est toujours spécifique et garde une part d’imprévisible. Elle dépend du bon suivi par le patient des recommandations du médecin mais aussi du facteur chance. C’est pourquoi pour toute intervention esthétique sont évoqués les risques de dissymétrie, de résultat jugé insuffisant ou excessif et l’éventuelle nécessité de retouche.

En ce qui concerne le lifting de face interne de cuisse :

- Les imperfections de résultat

Le risque de résultat excessif est sérieux puisqu’il peut entraîner chez les patientes, une béance vulvaire accompagné d’une migration de la cicatrice et d’une récidive de la ptose. Ce risque est limité par la fixation au tendon et une indication bien posé pour éviter les tractions excessives.

Le risque de résultat insuffisant ou asymétrique concerne avant tout les patients ayant une mauvaise qualité de peau et notamment les ex-obèses dont la peau a tendance à se redétendre beaucoup dès le lendemain de l’intervention.

Ces deux risques opposés nécessitent la plus grande vigilance dans les indications opératoires et un savant dosage dans la remise en tension qui est la principale difficulté de la réalisation de l’intervention.

- La nécessité de retouches

Comme nous venons de le préciser, chez les ex-obèses, la peau à une capacité particulière à se détendre assez rapidement après l’intervention, il faut donc savoir que les retouches ou même les reprises complètes ne sont pas exceptionnelles. Chez certains patients, très rares heureusement, les opérations sont toutes à refaire deux fois si l’on veut obtenir un résultat satisfaisant (bodylift, lifting de bras, lifting de face interne de cuisse).

- Les troubles de la sensibilité

L’intervention peut entraîner, dans 20% des cas, des douleurs assez importantes en post-opératoires immédiat et aussi à l’inverse des pertes, en général transitoires (3 à 6 mois), de la sensibilité de la région haute de la cuisse ont été rapportées. Mais heureusement, il n’a jamais été observé de trouble de la sensibilité vulvaire.

Les complications envisageables

Les problèmes thrombo-emboliques

Même s’ils sont rares après ce type d’intervention, les accidents thrombo-emboliques sont les complications les plus redoutées. Les phlébites peuvent parfois être à l’origine d’embolie pulmonaire, cette dernière pouvant parfois être fatale (1 sur 10 000). Le risque est augmenté par les vols « long-courriers » trop proches de l‘intervention et par certaines pathologies. C’est pourquoi, la consultation d’anesthésie et le respect des mesures préventives seront déterminants : contention anti-thrombose, respect des éventuelles prescriptions d’anticoagulant, arrêt de tout traitement progestatif et lever précoce… D’autre part, si l’anesthésiste considère que la patiente doit être récusée en raison d’un terrain défavorable son avis est décisionnaire.

En cas doute, en post-opératoire, il est de nos jours possible, par un dosage des D Dimères (prélèvement sanguin) d’effectuer un test de dépistage.

Les épanchements lymphatiques

L’épanchement peut nécessiter des ponctions. Généralement il s’assèche sans séquelles particulières, mais il peut persister plusieurs mois. La technique utilisée a été précisément mise au point pour respecter les gros troncs lymphatiques du triangle de Scarpa et éviter les épanchements lymphatiques secondaires

La nécrose

Les nécroses étendues sont tout à fait improbables grâce à la fermeture de tous les espaces morts par capitonnage pour limiter la tension sur les cicatrices, source de souffrances cutanées. Mais il faut savoir que le risque persiste et est augmenté considérablement par la cigarette.

Les nécroses marginales sont en revanche moins rares surtout lorsque la peau est de mauvaise qualité. Elles se traduisent le plus souvent par un « lâchage » localisé des sutures en raison de la tension postopératoire infligée (notamment dans la technique verticale au point en T d’intersection entre la cicatrice pubienne et la verticale). Ces nécroses limitées nécessitent des soins spécifiques et souvent longs et seront finalement corrigées avec une retouche ultérieure.

Le risque de bride périnéale ou pubienne

C’est une complication exceptionnelle qui nécessitera une correction chirurgicale pour traiter la bride qui apparaît en position gynécologique (lorsque la patiente écarte les jambes) au niveau du pubis ou de la vulve.

Le résultat

Deux à trois mois après l’intervention, une première estimation du résultat est possible. Cependant les cicatrices et les tissus peuvent subir un pic d’inflammation à ce moment-là. C’est pourquoi, pour juger du résultat définitif, il faudra souvent attendre neuf à douze mois.

On obtient le plus souvent un effet esthétique appréciable accompagné d’un réel bénéfice psychologique le confort du patient ou de la patiente est aussi grandement amélioré.

En ce qui concerne l’aspect final de la cicatrice il dépend de la réaction propre à chaque patient et l’arrêt du tabac sera un facteur déterminant dans l’évolution de celle-ci.

En conclusion nous rappelons : qu’une information précise et détaillée, une analyse approfondie des motivations, un travail d’équipe patient-chirurgien dans l’élaboration du programme opératoire, une quête d’excellence chirurgicale indissociable d’une bonne analyse des bénéfices et des risques, un respect des consignes pré et postopératoires, un suivi régulier sont les outils nécessaires à la réussite en chirurgie esthétique.

 

Bibliographie et références :

Vous trouverez des informations générales sur cette chirurgie sur la fiche « Lifting de la face interne des cuisses » du site de la SOFCPRE (Société Française de  Chirurgie  Plastique Reconstructrice  et Esthétique).
www.plasticiens.org 

Les informations spécifiques délivrées sur ce site sont fondées sur la pratique du Docteur Le Louarn et sur les publications suivantes :

1 - LE LOUARN C., PASCAL J.F. : Complications du lifting des faces internes de cuisses - Inner thigh lift complications
Ann Chir Plast Esthet. 2004 Dec;49(6):610-3.
http://dx.doi.org/10.1016/j.anplas.2004.10.010
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15582218

2 - LE LOUARN C., PASCAL J.F., : The Concentric Medial Thigh Lift
Aesthetic Plast Surg. 2004 Jan-Feb ; 28(1):20-3
http://www.springerlink.com/content/a4g8ty2qbaxkdqk7
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15037958
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=16036184

Sur le sujet, on peut aussi citer les publications et ouvrages suivants (cette liste est bien sûr non exhaustive et pourra être modifiée) :

1 - GONZALES R. : Buttocks lifting: how and when to use medial, lateral, lower, and upper lifting techniques
Clin. Plast. Surg. 2006 Jul ; 33(3):467-78
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16818101

2 - LOCKWOOD T. : Fascial anchoring technique in medial thigh lifts.
Plast. Reconstr. Surg. 1988 Aug ; 82(2):299-304
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/3399559

3 - GUERREROSANTOS J. : Secondary hip-buttock-thigh plasty
Clin. Plast. Surg. 1984 Jul ; 11(3):491-503
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6467807

 


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