LA LIPOSTRUCTURE
Une greffe de graisse autologue

création le : 21/09/2005    mise à jour : 20/05/2008

DEFINITIONS ET PRINCIPES

La lipostructure, encore appelée lipofilling, micro greffe de graisse, liposculpture ou Coleman… , consiste à créer un volume ou combler un creux en utilisant la graisse du patient. Il s'agit donc de la technique de comblement ou d'augmentation la plus « naturelle » ou la plus «  bio », puisque c'est la propre graisse du patient qui est prélevé par liposuccion, puis qui lui est réimplantée par injections.

L'utilisation de greffe autologue (prélevée sur le patient) évite les inconvénients liés aux risques d'intolérance qu'on peut rencontrer avec les produits de comblement ou les implants. Mais, il faut savoir que le volume graisseux obtenu au final, n'est pas celui ré-implanté initialement car le résultat dépend de la prise de la graisse greffée et de l'hygiène de vie du patient.

La lipostructure donne les meilleurs résultats lorsqu'elle est pratiquée dans des zones peu mobiles et en utilisant de la graisse de bonne qualité, c'est-à-dire les graisses de réserve. En effet, leur bonne stabilité, donc leur exaspérante mauvaise volonté à diminuer lorsque l'on cherche à perdre du poids, devient un net avantage lorsqu'il s'agit de les utiliser pour une greffe graisseuse.

Dans les zones les plus mobiles (ex : la bouche), la greffe de graisse s'est avérée inadaptée en raison du risque élevé de résorption secondaire importante et l'on préférera donc utiliser à ces endroits, un produit injectable. On observera que ces localisations présentent naturellement peu de graisse et ne sont donc vraisemblablement pas faites pour en recevoir.

La technique nécessite :

- Sous anesthésie locale, une anesthésie du site de prélèvement  et une autre du site receveur (une anesthésie plus importante sera donc requise en cas de multiples sites receveurs et donneurs).
- Le prélèvement du tissu graisseux en une ou plusieurs localisations suivant la quantité de graisse nécessaire et disponible.
- Une réimplantation en injections multiples, afin de créer des fins faisceaux de dépôts disposés en éventail car la graisse ne prend pas en cas de dépôt en bloc.

Tout cela rend le procédé plus compliqué à mettre en œuvre qu'une injection de produit de comblement réalisable au cabinet sans anesthésie. La lipostructure est donc avant tout proposée lorsque les volumes souhaités sont importants (les pommettes ou les fesses par exemple) ou lorsqu'une intervention de liposuccion ou de rajeunissement est déjà programmée sous anesthésie (pour ne pas « perdre » la graisse retirée lors d'une liposuccion ou pour compléter une action de rajeunissement)

Les indications esthétiques de la lipostructure

Le traitement de l'aspect émacié d'un visage

Certains visages minces présentent avec le temps, un aspect de plus en plus « squelettisé »: fonte de la graisse temporale, de la graisse du contour orbitaire et de la graisse des joues. Le remplissage des zones décharnées est ici la clef du rajeunissement, mais le comblement devra rester adapté pour éviter l'aspect « soufflé ».

Si le patient est âgé, on peut associer au comblement, un redrappage chirurgical des tissus (lifting), mais il faut à tout prix,  éviter le redrappage seul, sous peine d'obtenir un aspect « momie ». Car retendre sans action complémentaire, sur un visage très creusé, accentue toujours la visibilité des creux sous-jacents. Il faut savoir que, sauf cas particulier, la lipostructure n'est pas indiquée pour agir sur les excès de peau importants dans le dessein d'éviter un lifting.   En effet, pour obtenir une bonne remise en tension de tissus très relâchés, il faudrait remplir avec des volumes graisseux très importants. L'aspect tendu serait alors obtenu en contre parti d'un aspect « soufflé » assez peu naturel.

La lipostructure est intéressante pour corriger certaines fontes graisseuses résultant d'un régime ou d'une maladie chez des patients plus jeunes, mais bien évidemment, elle suppose que le ou la patiente présente quelques excès graisseux corporels résiduels de bonne qualité. Si le patient ne présente pas de graisse utilisable, ou s'il s'agit de combler des zones très mobiles, on proposera plutôt des produits de comblement injectables.

La correction réparatrice d'un volume

La greffe de graisse autologue est indiquée en chirurgie réparatrice pour :
- traiter une asymétrie naturelle des tissus mous,
- corriger une dépression tissulaire suite à un traumatisme ayant entraîné une nécrose localisée,
- retoucher des irrégularités de surface consécutives à une liposuccion.

L'augmentation des volumes du corps

La lipostructure a été utilisée avec succès pour augmenter le volume des fesses, remplir des mains décharnées et depuis peu pour des augmentations mammaires lorsque le volume désiré est limité.

Améliorer des fesses trop plates ou tombantes

Sur les fesses, la lipostructure permet d'obtenir un résultat beaucoup plus naturel qu'avec des prothèses, avec des risques bien moindre. Voir à ce sujet la fiche intitulée : « Prothèse de fesses » dans la FAQ.  Evidemment, la technique suppose de disposer de réserves de graisse importantes car, dans cette zone, il faut augmenter notablement le volume pour que le résultat soit perceptible.

Elle est réalisée très fréquemment lorsqu'un volume de graisse important est retiré au décours d'une autre intervention (plastie abdominale, liposuccion).

Le volume est avant tout placé dans le haut des fesses - pour remonter celles-ci visuellement - et aussi pour éviter de traumatiser les cellules graisseuses greffées lorsqu'on s'assied en phase de prise de greffe.

« Repulper » des mains décharnées

La greffe de graisse est utilisée dans les mains avec  deux bénéfices :

- Mécaniquement le dépôt de graisse comble les zones décharnées de manière à recréer les tissus mous  qui se sont atrophiés avec le temps et à dissimuler les veines et les os dans cette nouvelle épaisseur.

- Biologiquement l'apport de graisse et la cicatrisation provoquent aussi une amélioration de la surface cutanée.

Il faut savoir que cette technique n'est pas toujours adaptée en raison des risques de visibilité des dépôts graisseux sous les peaux très fines.  Dans ce cas, on préfère utiliser un filler (produit de comblement) très fin, moins visible, mais plus coûteux. Le remplissage par lipostructure des mains décharnées est très rarement pratiqué seul en raison de la lourdeur du procédé, mais plus souvent au décours d'une autre intervention nécessitant une anesthésie.

Augmenter légèrement le volume mammaire : le  lipomodelage

En France, une expérimentation menée par le Dr. Emmanuel DELAY (Lyon) a rendu envisageable pour les patientes femmes souhaitant une légère augmentation, de proposer la lipostructure (dans ce cas précis un « lipomodelage »), en tant qu’alternative à la pose d’implants mammaires.

Techniquement, il est bien sûr indispensable que la patiente présente des excès graisseux localisés suffisamment importants, pour obtenir un résultat visible même en tenant compte de la résorption graisseuse. Il faut aussi qu'elle accepte de subir au moins deux interventions et qu'elle soit prête le cas échéant à accepter un résultat insuffisant.
Médicalement, le lipomodelage a tout d’abord été réservé à la chirurgie reconstructrice (où il a apporté une avancée considérable) et déconseillé dans l’indication esthétique car certaine dégradation à moyen terme de la graisse implantée était difficile à différencier de micro-calcifications cancéreuses. Grâce aux récents progrès de l’imagerie médicale, le procédé est maintenant considéré sans conséquences négatives pour la détection du cancer du sein.

En outre, l’amélioration des techniques de transfert de graisse permet une répartition plus harmonieuse de la graisse implantée, limitant le risque de formation de kyste huileux  ou de mauvaise prise (cytostéatonécrose).
Cependant certains chirurgiens s’inquiètent d’éventuelles interactions du tissu graisseux injecté avec la glande mammaire. La SOFCPRE précise donc le 26/12/2007 « Dans l'attente de données complémentaires, la SOFCPRE ne cautionne pas l'injection de tissu graisseux autologue dans la glande mammaire en dehors du cadre de protocoles de recherche clinique, comportant en particulier un suivi des patientes à moyen et à long terme ».
Même s’il n’existe pas à ce jour d’élément probant en faveur d’une augmentation du risque de cancer du sein après lipomodelage, il n’en reste pas moins vrai que toute patiente a un risque en fonction de son âge, ses antécédents familiaux, son hygiène de vie...

Il est donc indispensable que les candidates à l’intervention comprennent que toutes les précautions doivent être prises pour limiter le risque de coïncidence entre la survenue d’un cancer et le lipomodelage. Dans cet esprit, la patiente demandant un lipomodelage des seins, s’engage à faire réaliser le bilan pré-opératoire de dépistage (mammographie, échographie et si besoin IRM) par un expert en imagerie du sein et surtout s’engage à faire réaliser ses examens de suivi à 1 an, 2 ans, voire 3 ans, si possible par le même expert, et à suivre ses recommandations (mammographie, échographie).

Vous pouvez consulter également la fiche « augmentation mamaire » notamment pour les alternatives thérapeutiques 

Le cas particulier des transferts graisseux réalisés dans les zones mobiles lors d'un Face Recurve® ou un Face Recurve® lift

Le Face Recurve® en bref

Pour mémoire, les études cliniques, anatomiques et radiologiques, menées par l'équipe Le Louarn/Buthiau/Buis ont établit que la contraction répétée des muscles de la mimique est la cause première du vieillissement structurel. La gravité n'intervenant en fait que très secondairement sur les tissus cutanés et graisseux déjà endommagés par les actions musculaires.

Concrètement, la contraction répétée des muscles de la mimique entraîne leur rétraction progressive même au repos. De courbes et allongés, ils deviennent rectilignes et courts avec 2 conséquences :

- La graisse est chassée de dessous la concavité du muscle pour être transposée latéralement vers la surface. A la place d'amas graisseux profonds et importants situés sous les muscles et d'une couche graisseuse superficielle fine et régulière, on observe avec le temps des amas profonds diminués et une couche graisseuse superficielle irrégulière. Le visage présente des sillons et des volumes disgracieux.

- Le raccourcissement du muscle fait apparaître des plis paramédians : sillons nasogéniens, creux de cernes, pli d'amertume, pli intersourcilier, et cordes cervicales. La chasse graisseuse augmente la visibilité du pli et réciproquement.

Le processus est nettement amplifié par certains faisceaux musculaires spécifiques appelés faisceaux marqueurs du vieillissement (AMF). Ceux-ci favorisent grandement le vieillissement paramédian (cernes, sillons nasogéniens, bajoues, plis d'amertume, cordes cervicales) et ne semblent pas avoir de rôle fonctionnel en dehors de l'accélération du vieillissement structurel.

Un ensemble de techniques médicales et chirurgicales a donc été développé pour répondre aux spécificités du vieillissement structurel. Ces techniques ont pour objet :

- La neutralisation des faisceaux marqueurs du vieillissement (par la toxine botulique et des sections chirurgicales ciblées)

- La correction de la chasse graisseuse (avec des fillers ou des transpositions graisseuses)

Au final une véritable stratégie de soins a été mise au point proposant un traitement pour chaque stade du vieillissement structurel.

Au stade 0 (ou préventif) : Toxin Recurving® . On peut proposer des injections de toxine botulique pour diminuer le tonus de repos des muscles et donc prévenir l'action délétère des faisceaux marqueurs du vieillissement. La toxine est utilisée pour diminuer le tonus de repos sans bloquer la force de contraction. Pas d'aspect figé.

Au stade 1 : Toxin Filler Recurving® . La toxine botulique est toujours utilisée pour son action sur le tonus de repos mais également pour limiter la force de la contraction tandis que les produits de comblement sont utilisés en volume raisonnable pour camoufler les zones creusées par la chasse graisseuse.

Au stade 2 : Face Recurve® . Des actions chirurgicales ciblées sont proposées avec le Face Recurve® . Dans cette nouvelle chirurgie du rajeunissement, des transpositions graisseuses sont utilisées pour remettre la graisse à son emplacement original sous le muscle, le raccourcissement de celui-ci ayant été enrayé par la section ou l'affaiblissement du faisceau marqueur du vieillissement.

Au stade 3 : Face Recurve® Lift.   Un redrappage cutané c'est-à-dire un lifting est associé aux actions chirurgicales localisées du Face Recurve® . Exit l'aspect tiré ou soufflé puisqu'on ne demande plus à la traction ou au remplissage d'effacer des séquelles dues à l'action des muscles de la mimique.

Dans les applications chirurgicales du Face Recurve® , proposées aux stades 2 et 3 du vieillissement structurel, des transpositions graisseuses localisées sont donc réalisées pendant la chirurgie pour corriger la chasse graisseuse structurelle. Il s'agit de remettre la graisse à son emplacement original sous le muscle pour restaurer la convexité de celui-ci.

La survie de la graisse transférée, donc sa pérennité, est bonne, même dans les zones mobiles, parce que soit l'activité du muscle a été enrayée par sa section (pli d'amertume, sillon nasogénien) soit parce que la graisse n'est pas greffée mais transposée-glissée par lambeau (pour le creux des cernes).

Si vous désirez des informations complémentaires sur le concept du Face Recurve® et ses applications pratiques, reportez-vous à la fiche du même nom.

LA LIPOSTRUCTURE EN PRATIQUE

Recommandations pratiques avant l'intervention

N'arrivez pas trop fatigué(e), moralement et physiquement à l'intervention. Informez-nous de toute modification de votre état de santé, ou de votre état psychologique, et n'oubliez pas qu'il n'y a jamais d'urgence à pratiquer un acte esthétique.

Ne prenez aucun médicament qui favorise le saignement dans les jours qui précèdent l'intervention : Aspirine, Anti-inflammatoires, Anticoagulants, Vitamine E …

Il faudra impérativement surseoir à toute intervention à visée esthétique si vous êtes malade, ou pour les femmes, si vous êtes enceinte le jour de l'intervention. Il est impératif d'être à jeun (c'est-à-dire ni boire, ni manger) 6 heures avant l'intervention.

Il ne faudra pas oublier de voir l'anesthésiste en consultation et d'effectuer le bilan prescrit ainsi que les éventuels bilans complémentaires demandés.

Prévoyez de prendre une douche ou un bain avant de vous rendre à la clinique, d'avoir les cheveux propres et pour les dames de ne porter bien sûr, ni vernis à ongle ni maquillage. Evitez de vous raser les zones de prélèvement ou de réinjection (risque de germes s' il y a des micro-coupures donc risque d'infection pendant l'opération).

Le non-respect des consignes préopératoires entraînera l'annulation de l'intervention.

Lorsque vous préparerez vos effets personnels, N'OUBLIEZ PAS VOTRE DOSSIER MÉDICAL et s'il y a lieu la contention prescrite pour la zone de prélèvement (bas antithrombose ou lipo panty).

N'emmenez, si possible, aucun bijou précieux (ou mettez-le au coffre de la clinique avec vos valeurs pendant l'opération).

Si vous portez des lentilles de contact, un appareil dentaire, ou des prothèses auditives, il faudra impérativement les enlever avant l'anesthésie. 

Anesthésie, hospitalisation et intervention

L'intervention se déroule en clinique et peut être réalisée :

- sous anesthésie locale assistée (NL A) dans la plupart des cas,
- sous anesthésie générale si le volume à retirer et à réinjecter est important et les localisations de prélèvement et de réinjections sont nombreuses,
- sous anesthésie locale simple pour une correction très limitée et localisée.

Sans hospitalisation (en ambulatoire) si peu de volume est transféré et/ou peu de localisation sont traitées.Avec une hospitalisation d'une à deux nuits si beaucoup de volume est transféré et/ou si la liposuccion et la réinjection sont « multi zones ».

La durée de l'intervention varie en fonction du nombre de localisations et de la quantité de graisse à prélever et a réinjecter. Elle peut varier de 30 minutes (une seule localisation de prélèvement) à 2h30 heures, mais dure en moyenne 1h00.

La sortie

Si l'intervention est réalisée en ambulatoire

Vous repartirez en principe quelques heures après l'intervention. Toutefois, dans certains cas (nausée, stress…), il peut être préférable de rester hospitalisé(e) une nuit. Demandez à une personne VALIDE ET RESPONSABLE de vous accompagner. Les produits anesthésiants étant euphorisants, ne prévoyez aucun acte nécessitant de la concentration ou l'utilisation d'appareils potentiellement dangereux. Si vous repartez en voiture, VOUS NE POURREZ EN AUCUN CAS CONDUIRE.

Il faut prévoir la présence d'un proche à la maison. En effet, vous ne devrez pas vous lever, pendant la nuit qui suit l'intervention, sans être accompagné(e), même pour aller aux toilettes et, même si vous vous sentez parfaitement bien (les produits d'anesthésie peuvent produire des effets identiques à l'abus d'alcool).

Avant de quitter la maison, assurez vous d'avoir tout prévu pour votre retour :
- Prévoyez un repas léger.
- Sur la table de nuit, Arnica 5CH, comprimés anti-douleurs à base de paracétamol (Dafalgan, Doliprane …), une bouteille d'eau minérale.

Si l'intervention est réalisée avec une hospitalisation

Prévoyez pour votre sortie une tenue confortable et facile à enfiler. Vous pourrez quitter la clinique en principe le lendemain de l'intervention.

Les suites

Il faut savoir que le temps nécessaire à la récupération d'une lipostructure (fatigue, douleur) est proportionnel à la quantité de graisse retirée et aux nombres de localisation traitées (pour les zones de prélèvement et les zones de réinjection).

A la maison les premiers jours, il faudra vous reposer au maximum et éviter tout effort violent. Par contre il faut marcher un peu, plusieurs fois par jour, pour prévenir le risque embolique et manger suffisamment pour permettre la cicatrisation. 

Inscrivez à la maison près du téléphone et dans votre portable, les coordonnées du cabinet 01 45 53 27 17 et de la clinique. N'hésitez pas à nous joindre si vous êtes inquiet(e). Par exemple avertissez-nous  en cas de fièvre, suintement, douleur ou tout autre symptôme qui vous inquiète.

Arrêt d'activité à prévoir pendant 3 à 4 jours en moyenne pour la récupération physique. Mais il faudra 15 à 20 jours pour que les bleus et les gonflements s'estompent. Il faudra donc prévoir éventuellement pour les lipostructures du visage d'adapter sa vie sociale et professionnelle.

La gaine ou les bas à varices seront prescrits dans certains cas pour favoriser le redrapage de la peau des zones prélevées. Il faudra les porter dans ce cas, jour et nuit pendant 8 jours, puis 10/15 jours uniquement la journée.

Les fils des zones de prélèvement seront soit résorbables, soit ôtés 15 à 20 jours après l'opération.

Les bleus persistent en principe 15 à 20 jours.

Le gonflement est maximum au 3/4 ème jour post-opératoire puis s'estompe progressivement.

Les cicatrices : mettent 6 à 9 mois pour blanchir.

Gymnastique à reprendre 3 semaines à un mois après l'intervention.

LES RISQUES

Dans la plupart des cas, les interventions se passent bien et les patients sont satisfaits du résultat. Pour autant, avant de vous décider, vous devez quand même connaître les risques et les complications envisageables.

Les risques généraux inhérents à toute intervention chirurgicale : infection, hématome, trouble de la cicatrisation et risque anesthésique

L'infection

Qui pourrait être grave, est exceptionnelle lorsque l'intervention est réalisée dans des conditions normales et lorsque les soins et les consignes post-opératoires sont respectés. Il vous sera notamment demandé de vous laver à l'eau et au savon tous les jours pour garder les cicatrices propres et de respecter les prescriptions d'antiseptiques et d'antibiotiques oraux.

L'hématome

C'est une complication rarissime en liposuccion, à moins de pathologies particulières ou de prise de médicament favorisant le saignement en pré et post opératoire. Les saignements sont rarement sérieux, sauf trouble de la coagulation associé.

Les problèmes de cicatrisation

Dans les suites immédiates d'une intervention esthétique, toute cicatrice peut s'enflammer ou suinter ce qui nécessite des traitements locaux spécifiques. A moyen terme les cicatrices peuvent dans certains cas mal évoluer : s'épaissir, s'élargir, faire une chéloïde, cela dépend avant tout du type de peau (problèmes plus importants avec les peaux rousses ou noires) et de l'hygiène de vie (cigarette et pilule augmentent le risque). Cependant, en lipostructure, les cicatrices sont très courtes et le plus souvent stratégiquement plaçées, ce risque est donc considéré comme très limité.

Le risque anesthésique

Les techniques d'anesthésie et les méthodes de surveillance ont fait d'immenses progrès et la sécurité est optimale lorsque l'intervention se déroule en dehors de l'urgence, chez une personne en bonne santé, que l'anesthésiste est une personne compétente exerçant dans un établissement agréé. Cependant l'anesthésie peut induire dans l'organisme des réactions plus ou moins imprévisibles et faciles à maîtriser, il subsiste donc des risques et aléas per et post-opératoires inhérents à toute anesthésie. C'est pourquoi s'agissant de chirurgie esthétique, il sera indispensable de consulter l'anesthésiste préalablement à l'intervention et de l'informer scrupuleusement sur votre santé. En fonction de celle-ci et de l'intervention envisagée, l'anesthésiste évaluera les risques anesthésiques et les précautions particulières éventuelles et vous en informera. S'il récuse l'intervention, son avis est décisionnaire.

Lien vers Information générale bilan et consultation d'anesthésie.

Les risques existants pour toute intervention à visée esthétique : asymétrie, résultat jugé insuffisant ou excessif  et nécessité de retouche(s)

La réaction des tissus à une intervention est toujours spécifique et garde une part d'imprévisible. Elle dépend du bon suivi par le patient des recommandations du médecin mais aussi du facteur chance. C'est pourquoi pour toute intervention esthétique sont évoqués les risques de dissymétrie, de résultat jugé insuffisant ou excessif et l'éventuelle nécessité de retouche.

Les risques d'imperfections dans la zone de prélèvement (donneuse)

En ce qui concerne la liposuccion, en plus des cellules graisseuses aspirées directement pendant l'intervention, des cellules endommagées mais non aspirées s'évacuent progressivement dans les suites de l'intervention. Cette perte de volume secondaire, propre à la réaction de chaque patient nécessite de prévoir une marge de sécurité pendant l'intervention pour éviter les diminutions de volume excessives. De plus, la rétraction de la peau peut donner lieu à des réactions d'irrégularité de surface. En conséquence des imperfections localisées peuvent parfois être observées, sans qu'il agisse de véritables complications : asymétrie résiduelle, insuffisance de correction, irrégularités de surface. Celles-ci sont en général accessibles à une retouche sous anesthésie locale à partir du 6 ème mois.

Les vagues sont le problème le plus courant, elles sont dues à une mauvaise rétraction cutanée ou à une lipoaspiration trop proche de la peau. Leur meilleure prévention est d'être raisonnable dans les quantités à retirer. Il ne faut pas hésiter si la qualité de la peau est incertaine à prévoir d'emblée un deuxième temps opératoire.

Les effets « édredon » sont typiques des micro-liposuccions effectuées à la seringue sur des surfaces inappropriées.

Les problèmes possibles dans la zone de réinjection (receveuse)

Le résultat dépend de la prise de graisse et celle-ci est fonction de la qualité de la graisse prélevée, du site d'implantation (mobile ou non), de l'hygiène de vie du patient (variations de poids, cigarettes), du bon déroulement de la cicatrisation (respect des consignes post-opératoires, absence de traumatisme…).

Il faut savoir qu'une asymétrie secondaire ou une insuffisance de résultat peuvent apparaître en cas de prise de greffe irrégulière ou faible ou plus simplement parce qu'on a préféré éviter les risques d'hypercorrection et procéder en deux fois (une telle procédure est notamment standardisée pour les augmentations mammaires). Une deuxième lipostructure peut-être envisagée, si un site de prélèvement le permet (présence de graisse de réserve en quantité suffisante et bonne qualité de peau). Si les réserves graisseuses s'avèrent insuffisantes ou la peau trop abîmée, on devra utiliser pour parvenir au résultat désiré un produit de comblement ou un implant.

Dans certains cas d'asymétrie, on préfèrera revoir ses ambitions à la baisse et s'aligner sur le côté où cela a moins bien fonctionné. On utilisera pour cela, quand c'est possible, une aspiration (en surface et sur le corps). Lorsque ce n'est pas possible (dans certaines localisations trop risquées du visage), il faudra  envisager l'exérèse chirurgicale de la graisse injectée pour traiter les hypercorrections.

Les complications envisageables

Les accidents thrombo-emboliques consécutifs à la liposuccion

Ce sont les complications les plus redoutées. Les phlébites peuvent parfois être à l'origine d'embolie pulmonaire, cette dernière pouvant parfois être fatale (1 sur 10 000). Ce risque est augmenté par les vols « long-courriers » trop proches de l‘intervention, par certaines pathologies et, comme il l'a déjà été dit, par les interventions sur le petit bassin comme la plastie abdominale. C'est pourquoi, la consultation d'anesthésie et le respect des mesures préventives seront déterminants : contention anti-trombose, respect des prescriptions éventuelles d'anticoagulant et levé précoce. En cas doute, il est de nos jours possible, par un dosage des DDimères (prélèvement sanguin) d'effectuer un test de dépistage.

Des perturbations métaboliques sérieuses

Elles ont été rapportées au cours de lipoaspirations quantitativement excessives. La consultation préopératoire d'anesthésie sera déterminante afin  d'éviter de se trouver dans cette situation.

Les épanchements lymphatiques et les nécroses

Ces complications sont tout à fait exceptionnelles lorsque l'intervention est correctement réalisée, mais il faut savoir que pour les nécroses, le risque est augmenté par la cigarette.

LE RESULTAT

Au début, les zones opérées sont le siège d'un oedème (gonflement postopératoire) qui peut donner sur les sites prélevés un aspect encore plus gonflé qu'avant l'intervention et sur les sites injectés un aspect de surcorrections.

Dans les zones injectées, la prise de greffe peut être appréciée à partir de 6 mois. En cas de liposuccion importante, au bout de trois semaines /un mois, l'aspect de la zone prélevée est proche de l'aspect initial et ce n'est qu'au cours du deuxième mois que la diminution de volume commence à apparaître. Il faudra attendre 6 à 9 mois pour juger de l'aspect définitif, car en plus des cellules graisseuses aspirées directement pendant l'intervention, s'évacueront progressivement des cellules endommagées mais non aspirées.

Deux à trois mois après l'intervention, une première estimation du résultat est possible. Cependant les cicatrices et les tissus peuvent subir un pic d'inflammation à ce moment-là. C'est pourquoi, pour juger du résultat définitif, il faudra souvent attendre.

On obtient le plus souvent un effet esthétique appréciable accompagné d'un réel bénéfice psychologique.

Après la phase de cicatrisation, la pérennité des résultats dans le temps est variable car le volume greffé suivra les variations de poids du patient en fonction de la qualité de la graisse injectée. Ce phénomène est généralement assez peu perceptible pour les corrections localisées, mais peut être plus voyant lorsque les volumes implantés sont importants.

A long terme, il faut savoir que les cellules graisseuses greffées restent soumises aux lois du vieillissement cellulaire (celui-ci n'est bien sûr pas stoppé par l'intervention). On observera donc avec les années, une dégradation lente et naturelle des cellules greffées en même temps que celle du tissu du site receveur dans lequel elles ont été implantées.

En ce qui concerne la liposuccion des zones de prélèvement, rappelons que la pérennité du résultat dépend essentiellement de l'hygiène de vie. L'effet sera durable à condition de limiter les variations de poids importantes.

En conclusion nous rappelons que : qu'une information précise et détaillée, une analyse approfondie des motivations, un travail d'équipe patient-chirurgien dans l'élaboration du programme opératoire, une quête d'excellence chirurgicale indissociable d'une bonne analyse des bénéfices et des risques, un respect des consignes pré et postopératoires, un suivi régulier sont les outils nécessaires à la réussite en chirurgie esthétique.

 

Bibliographie et Références

Vous trouverez des informations générales ce sujet sur la fiche « lipostructure» du site de la SOFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique)
Ainsi que la recommandation du 26/12/2007 concernant les injections de graisse dans le sein.
www.plasticiens.org

Le Docteur Sydney COLEMAN (USA) a le premier fait connaître les réinjections de graisse pour remodeler et rajeunir le visage :

COLEMAN S. R. : Long-term survival of fat transplants : controlled demonstrations
Aesthetic Plast. Surg. 1995 Sep-Oct;19(5):421-5
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8526158

Sur la lipostructure on peut aussi citer les publications suivantes (cette liste est bien sûr non exhaustive et pourra être modifiée) :

1 - GUYURON B., MAJZOUB R.K. : Facial augmentation with core fat graft: a preliminary report
Plast Reconstr Surg. 2007 Jul ; 120(1):295-302
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17572578

2 - COLEMAN S. R. : Facial augmentation with structural fat grafting
Clin Plast Surg. 2006 Oct ; 33(4):567-77
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17085224

3 - COLEMAN S. R. : Structural fat grafting: more than a permanent filler
Plast Reconstr Surg. 2006 Sep;118(3 Suppl):108S-120S.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16936550

4 - FOYATIER J.L., MOJALLAL A., VOUILAUME D., COMPARIN J.P. : Évaluation de la restauration volumétrique par Lipostructure® en complément du lifting cervicofacial. À propos de 100 cas. - Clinical evaluation of structural fat tissue graft (Lipostructure) in volumetric facial restoration with face-lift. About 100 cases.
Ann Chir Plast Esthet. 2004 Oct;49(5):437-55
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15518944
http://dx.doi.org/10.1016/j.anplas.2004.08.006

5 - MOJALLAL A., FOYATIER J.L. : Historique de l’utilisation du tissu adipeux comme produit de comblement en chirurgie plastique - Historical review of the use of adipose tissue transfer in plastic and reconstructive surgery
Ann Chir Plast Esthet. 2004 Oct ; 49(5):419-25
http://dx.doi.org/10.1016/j.anplas.2004.08.004

6 - TREPSAT F. : Periorbital rejuvenation combining fat grafting and blepharoplasties
Aesthetic Plast Surg. 2003 Jul-Aug ; 27(4):243-53
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15058544

7 - COLEMAN S. R. : Hand rejuvenation with structural fat grafting
Plast Reconstr Surg. 2002 Dec ; 110(7) : 1731-44
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12447057

8 - LITTLE J.W. : Applications of the classic dermal fat graft in primary and secondary facial rejuvenation
Plast Reconstr Surg. 2002 Feb ; 109(2):788-804
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11818872

9 - TREPSAT F. : Volumetric face lifting
Plast. Reconstr. Surg. 2001 Oct ; 108(5):1358-70
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11604644

10 - GUERREROSANTOS J. : Long-term outcome of autologous fat transplantation in aesthetic facial recontouring: sixteen years of experience with 1936 cases
Clin Plast Surg. 2000 Oct ; 27(4):515-43
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11039887

11 - COLEMAN S. R. : Facial recontouring with lipostructure
Clin Plast Surg. 1997 Apr ; 24(2):347-67.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9142473

Les informations spécifiques aux transferts graisseux dans les zones mobiles du visage sont fondées sur la pratique du Docteur Le Louarn et sur ses travaux scientifiques notamment les publications suivantes :

1 - LE LOUARN C, BUTHIAU D, BUIS J. : Structural aging: the Facial Recurve concept
Aesthetic Plast Surg. 2007 May-Jun;31(3):213-8.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/sites/entrez?db=pubmed&uid=17380358

2 - LE LOUARN C, BUTHIAU D, BUIS J. : The Face Recurve concept: medical and surgical applications
Aesthetic Plast Surg. 2007 May-Jun;31(3):219-31; discussion 232.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17484058

3 - LE LOUARN C, BUTHIAU D, BUIS J. : Rajeunissement facial et lifting malaire concentrique: le concept du FACE RECURVE® - Facial rejuvenation and concentric malar lift: the FACE RECURVE® concept
Ann Chir Plast Esthet. 2006 Apr;51(2):99-121.
http://dx.doi.org/10.1016/j.anplas.2005.12.016
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16530316

4 - LE LOUARN C, BUTHIAU D, BUIS J. : Treatment of depressor anguli oris weakening with the face recurve concept
Aesthetic Surgery Journal, Volume 26, Issue 5, Pages 603-611C.
http://dx.doi.org/10.1016/j.asj.2006.08.001

Au sujet des lipostructures mammaires, on peut lire :

1 - GOSSET J., FLAGEUL G., TOUSSON G., GUERIN N., TOURASSE C., DELAY E. : Lipomodelage et correction des séquelles du traitement conservateur du cancer du sein: Aspects médicolégaux. Le point de vue de l’expert à partir de cinq cas cliniques délicats - Lipomodelling for correction of breast conservative treatment sequelae. Medicolegal aspects. Expert opinion on five problematic clinical cases.
Ann. Chir. Plast. Esthet. 2007 Dec 2
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18054820

2 - GOSSET J., GUERIN N., TOUSSON G., DELAPORTE T., DELAY E. : Aspects radiologiques des seins traités par lipomodelage après séquelles du traitement conservateur du cancer du sein - Radiological evaluation after lipomodelling for correction of breast conservative treatment sequelae
Ann. Chir. Plast. Esthet. 2007 Dec 3
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18055086

3 - DELAY E., GROLLEAU J.L ., SITBON E . : Les implants mammaires en chirurgie esthétique et reconstructrice
50ème Congrès national de la SOF.CPRE (rapport annuel) sous la présidence du Dr G. FLAGEUL
Ann Chir Plast Esthet. 2005 Oct

4 - DELAY E., DELAPORTE T., SINNA. : Alternatives aux prothèses mammaires - Breast implant alternatives
Ann. Chir. Plast. Esthet. 2005 Oct Vol 50 N(6)
http://dx.doi.org/10.1016/j.anplas.2005.07.012



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